Regards sur l'architecture et l'aménagement en Bourgogne-Franche-Comté 2018
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Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement
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L'atelier-ferme

En amont des systèmes usiniers, on note une activité proto-industrielle qui se développe sous forme d’ateliers-fermes. Des agriculteurs pluriactifs développent une activité d’artisanat mécanisée, dans leur ferme ou en site propre, qui prend le pas sur l’activité agricole. La culture et l’élevage ne sont plus qu’un moyen de subsistance pour les ouvriers et la famille de l’exploitant. Les bêtes peuvent être employées comme force motrice pour les machines.

 

Les dirigeants-exploitants et les ouvriers, lorsque l’entreprise en compte, sont logés et nourris sur place. Les apprentis doivent dormir à l’exploitation ou à l’atelier ; c’est une sorte d’investissement sur la formation de ces jeunes qui, souvent mineurs, sont ainsi chaperonnés et fidélisés.

 

Les ouvriers qualifiés, plus âgés, peuvent se loger, lorsque le site le permet, dans le village proche. L’aspect de ces constructions reste alors proche de l’architecture rurale traditionnelle, bien que certaines exploitations ayant pris de l’ampleur utilisent déjà des moyens de construction nouveaux et semi-industrialisés dépassant rarement les cinquante ouvriers. Elle en comptent généralement une vingtaine.

 

Ces ateliers-fermes sont des clouteries, tréfileries, martinet, moulins, forges, hauts fourneaux, tuileries, salines … qui apparaissent dès le XVème siècle. Certains sites seront vite abandonnés lors de la révolution industrielle, d’autres s’adapteront et se développeront en manufactures et en usines.

Au XVIIIème et XIXème siècle, le développement économique de certains sites nécessite un nombre d’ouvriers plus important. Au bâtiment de l’atelier s’ajoute alors une aile de dortoirs.

Certains patrons développent une forme de gouvernance sur leurs employés, les logements sur site permettant d’avoir une main mise sociale et parfois morale sur l’ouvrier. Les patrons, estimant que l’ouvrier doit être impliqué aux mêmes causes qu’eux-mêmes, peuvent parfois imposer, au cours des repas que certains président, la prière ou la lecture de la bible.

Ces fabriques sont parfois appelées « usine-couvent » parce qu’elles fonctionnent sur un principe de communauté qui vit quasiment en autarcie.

 

Quelle que soit la taille de l’entreprise, ces formes de logement accueillent les ouvriers sans leur famille.


Taillanderie, Nans-Sous-Sainte-Anne, Doubs (25), CAUE 25

1. Taillanderie, Nans-Sous-Sainte-Anne, Doubs (25)

Description :

Implantation du bâti

Les premières formes de proto-industrie sont généralement excentrées des villages et implantées à proximité des ressources naturelles nécessaires à leur fonctionnement comme l’eau, utilisée pour sa force motrice, ou à d’autres ressources naturelles comme le bois.

 

2. Plan d’organisation villageoise

 

Certaines manufactures utilisent des techniques et des machines actionnées par la force animale, qui leur permet de s’établir sur des terrains éloignés des cours d’eau. Leur besoin d’espace leur impose néanmoins de rester à l’écart des bourgs.

 

Deux modes d’organisation sont à retenir :

- plusieurs bâtiments sont organisés sur le site en fonction de leur destination, de la forme du terrain (etc.), et ils forment une ou plusieurs cours.

- un seul bâtiment homogène et cohérent se développe généralement en U ou autour d’une cour-cloître. Ainsi il arrive que le site soit entièrement contrôlé et enceint par un bâtiment. On accède alors à la cour par une porte cochère qui devient un élément de passage symbolique annonçant l’importance de l’institution.

Les ouvriers disposent d’un jardin et s’adonnent pendant leur temps libre à des activités agricoles qui profitent à la communauté et complètent parfois un salaire.


3. Plan schématique de l’organisation du site de l’atelier-ferme


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